Consulat du Sénégal | Le consul à coeur ouvert
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Le consul à coeur ouvert

 

Le nouveau Consul général du Sénégal, à Bordeaux, Dr Abdourahmane Koïta, s’est prêté à nos questions. Il explique les relations avec les autorités locales françaises, ses administrés et ses collègues en France. Selon lui, il faut une démarche inclusive pour permettre à nos compatriotes de bien profiter des services du consulat qui est à leur disposition. Entretien.

Excellence, monsieur le Consul général, pourriez-vous nous décrire votre juridiction ?
D’abord, permettez-moi de remercier mes prédécesseurs à ce poste depuis 2002. La juridiction de Bordeaux où beaucoup de nos compatriotes vivent en permanence ou temporairement, représente la totalité de la région Nouvelle Aquitaine et une partie de la région Occitanie. Le grand sud-ouest, cette belle région de la France avec beaucoup de potentialités, a une communauté de destin avec l’Afrique et le Sénégal en particulier. Ce destin est fondé sur des relations historiques, économiques, culturelles, etc.

Six mois après votre prise de service, quel est l’état des lieux à Bordeaux ?
En général, le standard téléphonique, l’accueil et la qualité de l’administration sont souvent les maillons faibles d’un service consulaire. Dès ma prise de fonction, des instructions fermes ont été données à savoir connaître l’origine des appels téléphoniques, l’objet de l’appel et noter si la demande de l’usager a été satisfaite ou pas. Un registre des visites a été aussi mis en place pour identifier nos compatriotes en fonction de leur provenance. Il y a eu également la confection et la distribution d’un guide des procédures consulaires pour permettre à l’usager de disposer, en amont, de toutes les informations nécessaires à ses démarches administratives. Cela permet de réduire considérablement son temps d’attente au consulat. Toutefois, une organisation rationnelle des services du consulat était indispensable pour mieux servir les usagers. Notons aussi les projets d’informatisation de l’état-civil, de développement d’indicateurs de performance et de renforcement des missions de représentation, assistance, protection et accompagnement.

Par ailleurs, la situation avait montré, à suffisance, qu’il existe une distance entre les consulats et les administrés. Pour y remédier, une série de rencontres avec la communauté et les autorités locales a été programmée. Nous sommes dans une démarche inclusive. Après avoir partagé ma vision pour la juridiction, j’ai demandé à mon personnel que je remercie au passage, d’avoir le sens de la responsabilité et de la mesure car la représentation diplomatique n’est pas un travail en entreprise. Un salarié en entreprise attend simplement son salaire alors qu’avoir l’honneur de représenter son pays est une chance extraordinaire.

Est-ce que vous avez une estimation exacte du nombre de sénégalais dans votre juridiction ?
Malheureusement non, car beaucoup de nos compatriotes, surtout les binationaux, connaissent plus le chemin de la mairie et de la préfecture que celui du consulat. Il faut rompre avec cette perception des choses. En faisant le parallèle avec les pays du Maghreb, nous sommes en retard dans ce domaine. Dans un système cohérent, l’être humain est responsable en partie de son existence.

C’est à nous de respecter nos institutions et de rendre crédible notre administration. Cependant, un projet de grande envergure est encours. Il consiste à développer des outils de mesure permettant d’identifier l’ensemble de nos compatriotes établis dans la juridiction. Toutefois, la réussite de ce projet dépend, très fortement, de l’implication de la population. L’objectif du projet est aussi d’avoir la cartographie de la répartition de nos compatriotes sur le territoire à partir du croisement d’informations. Cela permettra non seulement de mieux communiquer avec les administrés mais aussi d’anticiper certaines difficultés de l’administration consulaire. L’utilisation du numérique avec la donnée comme matière première doit réduire le temps d’attente de l’usager et son coût de déplacement.

Vous avez rencontré vos administrés. Qu’est-ce qu’ils attendent de vous et de vos collaborateurs ?
En effet, j’ai rencontré la communauté sénégalaise de ma juridiction. Depuis, nous sommes souvent sollicités et l’immensité de la tâche ne permet guère de relâchement. Le chantier est immense dans la mesure où l’on est devant un monde spatio-temporel en pleine mutation avec des réalités et des paradigmes différents. Sans faire l’exégèse de l’immigration, on constate que l’immigré des années 1980, à la recherche de ressources pour nourrir sa famille, n’est plus l’immigré d’aujourd’hui. Certains compatriotes, au-delà des démarches administratives, viennent au Consulat pour s’informer sur des questions relatives à la création d’entreprises, à l’investissement et aux structures de financement dédiées aux porteurs de projet. D’autres se déplacent pour solliciter un accompagnement de projets socioculturels. Les problématiques ne sont donc plus les mêmes aussi bien individuellement que collectivement pour nos compatriotes. D’où la nécessité de faire évoluer la diplomatie consulaire classique pour mieux répondre à cette nouvelle configuration. Par conséquent, il est important d’introduire de nouveaux profils de diplomates en adéquation avec cette nouvelle exigence.

 Les doléances concernent souvent le renouvellement de passeport, document indispensable pour obtenir une carte de séjour. Quelles sont les principales revendications de nos compatriotes?
Nos compatriotes demandent souvent la révision des conventions avec la France pour améliorer leurs droits à l’image de certains pays. Ils m’interpellent aussi souvent sur le volet social en demandant plus d’aides et d’assistance pour ceux qui traversent des situations sociales difficiles. Cela concerne l’ensemble des catégories socioprofessionnelles, y compris les étudiants pour les inscriptions. La colonie souhaite aussi avoir une équipe en permanence à Bordeaux pour la confection des cartes d’identité nationales à l’instar de Paris. Malgré la mise à disposition de la valise mobile, les compatriotes regrettent toujours les délais longs pour obtenir un passeport biométrique. Il faudrait arriver vraiment à réduire le délai de dépôt à une semaine maximum. Cela nécessite une bonne coordination, non seulement, entre le bureau des passeports installé à Paris et les autres juridictions mais aussi un service technique de qualité entre le ministère de l’Intérieur et les services consulaires.
  

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